Le thé à Maurice, de Bois Chéri à la Route du Thé
Sur les hauts plateaux du sud, le thé est cultivé depuis la fin du XIXe siècle. Histoire d'une boisson devenue quotidienne, et de son célèbre thé à la vanille.
Une boisson du quotidien
À Maurice, on boit le thé noir, souvent avec du lait et bien sucré. Pendant longtemps, il était vendu en vrac et bouilli dans une casserole, avec le lait livré chaque matin par le « marsan dile » (le marchand de lait). Les sachets ont depuis largement remplacé le vrac, mais l'habitude reste la même.
Des débuts hésitants
Le théier (Camellia sinensis) aurait été introduit dès 1760, sous l'administration française, par un prêtre, le père Galloys, selon plusieurs récits. Au XIXe siècle, les Britanniques tentent de développer une culture commerciale, mais le projet est abandonné au départ du gouverneur Robert Farquhar. Il est relancé quelques décennies plus tard par le gouverneur Sir John Pope Hennessy, avec des plantations à Nouvelle-France et à Chamarel.
On attribue parfois l'introduction du thé à Pierre Poivre, l'intendant célèbre pour les épices ; nous n'avons trouvé aucune source fiable qui le confirme.
Bois Chéri, pionnier depuis 1892
En 1892 est créée la première grande plantation de l'île, à Bois Chéri, dans le sud. Le domaine couvre aujourd'hui environ 250 hectares sur les hauts plateaux, vers 500 mètres d'altitude, sur la route de Grand Bassin. On y visite l'usine, un musée du thé (machines anciennes, services du XIXe siècle, documents d'époque) et un chalet de dégustation avec vue sur un lac et le sud de l'île.
Autour de Bois Chéri, les grandes marques mauriciennes sont Bois Chéri, Chartreuse et Corson. Le pays produit plusieurs milliers de tonnes de thé par an, principalement du thé noir, avec une récolte toute l'année et un pic d'octobre à mars.
Le thé à la vanille, une spécialité
C'est en 1919 qu'apparaît le thé à la vanille, aujourd'hui sans doute le préféré des Mauriciens. On trouve désormais aussi des thés à la noix de coco, au citron ou aux fruits rouges, ainsi que du thé vert, du thé glacé, des tisanes, et même des biscuits et un chutney au thé. Dans les villes, les « lotel dite » (maisons de thé) servent le thé accompagné de petites douceurs et d'en-cas salés.
La Route du Thé
Cet itinéraire touristique relie trois domaines historiques du sud : le Domaine des Aubineaux, le Domaine de Bois Chéri et le Domaine de Saint-Aubin. Une belle journée entre maisons coloniales, plantations et dégustations.
Conseils
Les hauts plateaux sont plus frais et plus humides que la côte : prévoyez une petite laine. Et goûtez le thé à la vanille sur place, accompagné de quelques biscuits locaux.
Sources
Commentaires 0
Soyez le premier à partager une info.