La période hollandaise (1598-1710)

Les Hollandais ont donné son nom à Maurice, exploité l'ébène, introduit la canne et le cerf, avant de quitter l'île en 1710.

Sources vérifiées 2026-103 min

1598 : l'île reçoit son nom

En septembre 1598, une flotte hollandaise commandée par Wybrand van Warwijck atteint l'île. Elle est baptisée en l'honneur du prince Maurice de Nassau (Maurits van Nassau), stathouder des Provinces-Unies. Le nom « Mauritius » ne quittera plus l'île, à l'exception de la parenthèse française où elle s'appellera Isle de France.

Pendant les quarante années suivantes, les navires de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) y font simplement escale pour se ravitailler sur la route de l'Asie. C'est aussi à cette époque que les marins décrivent le dodo : selon le musée d'histoire naturelle d'Oxford, les premiers témoignages écrits datent justement de 1598.

1638 : le fort Frederik Hendrik

La VOC décide de s'installer en 1638. Un petit fort est construit sur la côte sud-est, dans la baie de l'actuel Vieux Grand Port, et une garnison de 25 hommes s'y établit sous le commandement de Cornelis Gooyer. Le fort porte le nom de Frederik Hendrik, autre stathouder des Provinces-Unies. En 1642, le navigateur Abel Tasman y fait escale pour se ravitailler avant de partir à la recherche de la « Terre australe ».

L'ébène, les esclaves et les premiers marrons

La principale richesse convoitée est l'ébène, dont les gouverneurs successifs organisent l'abattage et l'exportation. Le manque de main-d'œuvre pousse la VOC à faire venir des esclaves. D'après le dossier UNESCO du Morne, les premiers esclaves arrivent en 1639, et plus de 300 personnes sont amenées de Madagascar au cours des années 1640. Les premiers cas de marronnage, c'est-à-dire de fuite d'esclaves vers les forêts, sont déjà signalés pendant la période hollandaise.

La canne à sucre et le cerf

Les Hollandais tentent aussi de développer l'agriculture. La canne à sucre est introduite et cultivée à petite échelle, mais les rats et la sécheresse compromettent les récoltes. Ils lâchent également des animaux destinés à fournir de la viande : cochons, chèvres et cerfs. Le cerf rusa, encore chassé et élevé à Maurice aujourd'hui, a été introduit par les Hollandais en 1639, selon une communication de la coopérative mauricienne d'élevage de cerfs publiée par le CIRAD.

La disparition du dodo

Les colons et leurs animaux ont un impact catastrophique sur la faune. Le dodo, peu farouche, est facile à capturer, mais ce sont surtout les animaux introduits (rats, cochons, chiens, chats) qui détruisent ses nids et son habitat. La dernière observation confirmée date de 1662, et l'espèce est considérée comme éteinte avant la fin du XVIIe siècle.

Deux départs

La colonie reste fragile. En 1658, la VOC abandonne une première fois l'île : le fort est détruit et la quarantaine d'habitants part pour Batavia (l'actuelle Jakarta). Une nouvelle tentative commence en 1664. Cyclones, sécheresses, nuisibles et pénuries finissent par l'emporter : la VOC décide l'évacuation en 1706, et les derniers Hollandais quittent l'île en février 1710.

Que reste-t-il aujourd'hui ?

Les vestiges du fort hollandais, enfouis à une cinquantaine de centimètres sous terre, ont été fouillés en 2000. Les ruines visibles à Vieux Grand Port sont en majorité françaises, bâties après 1753 sur l'ancien site. Le musée Frederik Hendrik y présente cartes, portraits des stathouders et objets de fouilles. Des archéologues néerlandais y mènent chaque année une campagne de fouilles.

Sources

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