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Paul et Virginie et le naufrage du Saint-Géran

Publié en 1788, le roman de Bernardin de Saint-Pierre a rendu l'île célèbre dans toute l'Europe. Il s'inspire d'un vrai naufrage survenu en 1744.

Sources vérifiées 2026-102 min

Un best-seller du XVIIIe siècle

En 1788, Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre publie Paul et Virginie, un court roman dont l'action se déroule à l'Isle de France, nom de Maurice sous l'administration française. L'auteur connaissait l'île pour y avoir séjourné. Le livre connaît un succès considérable et fait entrer Maurice dans l'imaginaire européen.

L'histoire

Paul et Virginie sont élevés comme frère et sœur par deux mères seules, Marguerite et Madame de la Tour, dans un vallon isolé de l'île. Adolescents, ils tombent amoureux, mais leurs mères les jugent trop jeunes pour se marier. Poussée par sa famille, Madame de la Tour envoie Virginie en France. Après un peu plus de deux ans de séparation, la jeune fille rentre enfin ; mais son navire est pris dans une tempête et fait naufrage près de la côte. Virginie se noie sous les yeux de Paul, impuissant, qui meurt ensuite de chagrin.

Le vrai naufrage : le Saint-Géran

Le drame s'inspire d'un événement réel. Dans la nuit du 16 au 17 août 1744, le Saint-Géran, navire de la Compagnie des Indes parti de Lorient, heurta les récifs de l'îlot d'Ambre, au nord-est de l'île. De nombreux passagers et marins périrent, dont plusieurs femmes. Bernardin de Saint-Pierre, arrivé sur l'île quelques années plus tard, en a recueilli le souvenir et l'a transposé dans son roman.

L'épave est aujourd'hui considérée comme un patrimoine de la République de Maurice et a fait l'objet de plusieurs campagnes d'archéologie sous-marine, la plus récente étant une mission pluridisciplinaire menée en 2022.

Où en voir les traces

Le Musée national d'histoire de Mahébourg, installé dans une demeure coloniale construite vers 1772, présente des objets remontés du Saint-Géran, ainsi que d'une autre épave, la frégate La Magicienne.

Un héritage littéraire immense

Le roman a inspiré opéras, peintures et écrivains : on en trouve l'écho chez Balzac, chez Flaubert (Madame Bovary, Un cœur simple), chez Dickens ou Maupassant. Plus près de nous, il a nourri Le Lagon bleu (1908) ou le Pierrot le Fou de Godard. À Maurice, les noms de Paul et Virginie restent partout présents, sur des rues, des hôtels et des sculptures.

À lire avant de partir

Le texte est court et tombé dans le domaine public : une belle lecture d'avion, à savourer avant de découvrir les paysages qu'il décrit, entre montagnes, forêts et lagon.

Sources

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