Faune et flore endémiques : les rescapés de Maurice

Faucon crécerelle, pigeon rose, perruche écho : trois oiseaux sauvés de justesse de l'extinction. Où les observer, de l'île aux Aigrettes aux gorges de Rivière Noire.

Sources vérifiées 2026-102 min

Une nature unique et fragile

Isolée au milieu de l'océan Indien, Maurice a vu naître des espèces qui n'existent nulle part ailleurs. L'arrivée de l'homme, la déforestation et les espèces introduites ont provoqué de nombreuses extinctions, dont celle du dodo. Depuis les années 1970, des programmes de conservation ont pourtant réussi à sauver plusieurs espèces au bord du gouffre, grâce notamment à la Mauritian Wildlife Foundation, fondée en 1984.

Trois oiseaux sauvés

  • Le faucon crécerelle de Maurice : en 1974, on ne connaissait plus que quatre individus à l'état sauvage. Grâce à l'élevage et aux réintroductions, la population a atteint environ 350 à 400 oiseaux vers 2000. Mais l'espèce est de nouveau en déclin et a été reclassée « en danger » en 2014.
  • Le pigeon rose : il ne restait qu'une dizaine d'oiseaux vers 1990 ; on en estimait environ 400 en 2015, répartis en plusieurs sous-populations.
  • La perruche écho (ou perruche de Maurice) : une dizaine d'individus au début des années 1980, environ 650 en 2015.

Ces succès, souvent cités en exemple dans le monde, restent fragiles et dépendent d'un suivi constant.

L'île aux Aigrettes

Au large de Mahébourg, cette île corallienne d'environ 27 hectares est une réserve naturelle depuis 1965. Les visiteurs peuvent y observer le pigeon rose, le scinque de Telfair et des tortues géantes d'Aldabra, introduites pour remplacer les tortues mauriciennes disparues dans leur rôle écologique. On y trouve aussi une ébène qui porte le nom de l'île, Diospyros egrettarum. La visite se fait avec un guide.

Le parc national des Gorges de Rivière Noire

Créé le 15 juin 1994 et géré par le National Parks and Conservation Service, le parc couvre environ 67,5 km² de forêts et de ravins dans le sud-ouest. C'est le refuge de la roussette de Maurice et de nombreux oiseaux endémiques : faucon, pigeon rose, perruche écho, merle de Maurice, oiseau-lunettes, cardinal de Maurice… Plusieurs sentiers balisés permettent de le découvrir.

Ebony Forest, à Chamarel

Ouverte au public en juin 2017 après une dizaine d'années de restauration, la réserve Ebony Forest conserve quelques-uns des derniers peuplements d'ébéniers matures de l'île. Plus de 154 000 plantes endémiques y ont été replantées et 34 hectares débarrassés des espèces envahissantes. On peut y croiser la perruche écho, le pigeon rose ou le faucon.

Conseils

Restez sur les sentiers, ne nourrissez pas les animaux et ne rapportez ni plantes ni graines. Partez tôt le matin : c'est le meilleur moment pour observer les oiseaux, et il fait plus frais.

Sources

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