Le dodo, symbole d'une extinction
Oiseau endémique de Maurice disparu à la fin du XVIIe siècle, le dodo est devenu le symbole mondial de l'extinction. Ce que l'on sait vraiment de lui, et où le découvrir.
Un pigeon géant
Le dodo (Raphus cucullatus) vivait uniquement à Maurice. Malgré son allure, c'était un parent des pigeons : les analyses ADN désignent le pigeon de Nicobar comme son plus proche parent vivant, et le solitaire de Rodrigues, lui aussi disparu, comme son plus proche cousin. Incapable de voler, il mesurait environ 60 à 75 cm ; les estimations de son poids à l'état sauvage varient beaucoup selon les études, d'une dizaine à une vingtaine de kilos.
Une disparition rapide
Les premiers témoignages écrits datent de 1598, lors du passage de marins hollandais. Moins d'un siècle plus tard, l'oiseau n'existait plus. La dernière observation largement acceptée remonte à 1662, par des naufragés du navire hollandais Arnhem ; une étude statistique de 2003 situe l'extinction vers 1693, et l'espèce avait sans doute disparu avant 1700.
Contrairement à une idée reçue, la chasse par les marins n'est probablement pas la cause principale. Les animaux introduits par l'homme, en particulier les cochons et les macaques, qui pillaient les nids et concurrençaient le dodo pour la nourriture, ainsi que la destruction de son habitat, ont sans doute joué un rôle plus décisif.
La Mare aux Songes, un trésor de fossiles
Pendant longtemps, on ne connaissait le dodo que par quelques dessins et des restes épars. Tout change en 1865 : dans un marais du sud-est de l'île, la Mare aux Songes, des ouvriers mettent au jour des ossements. Un instituteur de Mahébourg, George Clark, y découvre alors de nombreux os de dodo. Le site a livré plus de 300 restes de l'oiseau, aujourd'hui répartis dans les musées du monde.
Des fouilles internationales y ont repris en 2005. Les chercheurs pensent que les animaux s'y sont retrouvés piégés dans la boue il y a environ 4 200 ans, lors d'une grave sécheresse, en cherchant de l'eau.
Un symbole national
Le dodo figure sur les armoiries de Maurice depuis 1906, aux côtés d'un cerf, chacun tenant une canne à sucre. Il est devenu célèbre dans le monde entier grâce à Alice au pays des merveilles, et il est aujourd'hui omniprésent dans l'artisanat et les souvenirs de l'île.
Où le voir
Le Musée national d'histoire de Mahébourg conserve un squelette de dodo presque complet, ainsi que des restes de solitaire de Rodrigues. Le Musée d'histoire naturelle de Port-Louis présente lui aussi le dodo. À l'étranger, l'Oxford University Museum of Natural History conserve la seule tête et le seul pied comportant des tissus mous.
Une leçon pour aujourd'hui
L'histoire du dodo explique pourquoi Maurice investit tant dans la protection de sa faune endémique : faucon, pigeon rose ou perruche ont, eux, été sauvés de justesse.
Sources
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